Réinitialiser, Changer Mot de Passe, Nom d’Utilisateur & Hôte : Le Guide Complet (Ubuntu & Kali Linux)
Dans le monde de l’administration système et du homelab, il est courant de devoir effectuer des modifications fondamentales sur vos systèmes d’exploitation Linux. Que vous ayez oublié un mot de passe, que vous souhaitiez personnaliser votre environnement en changeant votre nom d’utilisateur ou le nom d’hôte de votre machine, ces opérations sont cruciales. Ce guide vous accompagnera pas à pas à travers les processus de réinitialisation de mot de passe, de changement de nom d’utilisateur et de modification de nom d’hôte pour deux des distributions Linux les plus populaires : Ubuntu et Kali Linux. Préparez-vous à prendre le contrôle total de vos systèmes !
- Avertissement éthique : uniquement pour usage légal et éducatif.
- Mise en contexte : administrer et sécuriser ses machines Ubuntu/Kali.
1. Réinitialiser un Mot de Passe Oublié sur Ubuntu
Oublier son mot de passe root ou utilisateur sur Ubuntu peut sembler un cauchemar, mais la procédure de récupération est relativement simple grâce au mode de récupération. Suivez ces étapes pour retrouver l’accès à votre système.
- Redémarrer votre machine : Lancez le processus de redémarrage de votre système Ubuntu.
- Accéder au menu GRUB : Dès le début du redémarrage, appuyez de manière répétée sur la touche Esc (Échap) de votre clavier. Cela devrait faire apparaître le menu GRUB. Si cela ne fonctionne pas, essayez la touche Shift gauche.
- Sélectionner les options avancées : Dans le menu GRUB, choisissez l’option « Options avancées pour Ubuntu ».
- Mode de récupération : Dans le sous-menu, sélectionnez la ligne qui contient « (recovery mode) ».
- Accéder au shell root : Une fois dans le menu de récupération, faites défiler et sélectionnez l’option « root – Drop to root shell prompt ». Appuyez sur Entrée.
- Activer le mode maintenance : Le système vous demandera d’appuyer sur Entrée pour la maintenance. Faites-le. Vous devriez maintenant être sur un shell root avec les privilèges maximum.
- Changer le mot de passe : Utilisez la commande passwd suivie du nom d’utilisateur dont vous souhaitez changer le mot de passe.
- Exemple : passwd alex
- Définir le nouveau mot de passe : Le système vous demandera de spécifier un nouveau mot de passe, puis de le retaper pour confirmation.
- Exemple :
Nouveau mot de passe : *********
Retaper le nouveau mot de passe : *********
passwd: mot de passe mis à jour avec succès
- Exemple :
- Quitter le shell root : Une fois le mot de passe mis à jour, tapez exit et appuyez sur Entrée.
- Reprendre le démarrage normal : Dans le menu de récupération, sélectionnez l’option « resume – Resume normal boot » et appuyez sur Entrée.
- Démarrage normal : Confirmez le démarrage normal en appuyant sur Entrée à l’invite.
- Accédez à votre session : Une fois Ubuntu démarré, utilisez le nouveau mot de passe que vous avez défini pour vous connecter. Félicitations, vous avez de nouveau accès à votre système !
2. Changer le Mot de Passe d’un Utilisateur sur Kali Linux
Changer un mot de passe sur Kali Linux via le terminal est une procédure directe, que vous souhaitiez modifier votre propre mot de passe ou celui d’un autre utilisateur (avec les privilèges root).
- Ouvrir le terminal : Lancez l’application Terminal sur votre distribution Kali Linux.
- Passer en mode super-utilisateur (root) : Tapez sudo su et appuyez sur Entrée.
- Saisir votre mot de passe : Le système vous demandera votre mot de passe actuel pour confirmer que vous avez les privilèges d’administrateur.
- Changer le mot de passe : Une fois en mode root, tapez passwd et appuyez sur Entrée. Si vous souhaitez changer le mot de passe d’un utilisateur spécifique, utilisez passwd [nom_utilisateur].
- Définir le nouveau mot de passe : Entrez votre nouveau mot de passe, puis confirmez-le.
- Exemple :
Nouveau mot de passe : ********
Retaper le nouveau mot de passe : ********
passwd: mot de passe mis à jour avec succès
- Exemple :
- Redémarrer la machine : Pour que les changements soient pleinement effectifs, il est recommandé de redémarrer votre machine Kali Linux.
3. Changer le Nom d’Utilisateur sur Kali Linux
Modifier le nom d’utilisateur sur Kali Linux est une opération qui demande un peu plus d’attention, surtout si l’utilisateur est actuellement connecté. Il est préférable de le faire en tant que root.
- Connectez-vous en tant que root (super-utilisateur) : Ouvrez un terminal et tapez sudo su, puis entrez votre mot de passe.
- Modifier le nom d’utilisateur et le répertoire personnel : Utilisez la commande usermod pour changer le nom d’utilisateur et le chemin de son répertoire personnel.
- Syntaxe : usermod -l [nouveau_nom_utilisateur] -d /home/[nouveau_nom_utilisateur] -m [ancien_nom_utilisateur]
- Exemple : usermod -l ousmane -d /home/ousmane -m amara
- Gérer les processus actifs (si nécessaire) : Si vous recevez un message indiquant des processus actifs liés à l’ancien nom d’utilisateur (avec un numéro de processus), vous devrez les tuer.
- Exemple : Si vous voyez un message avec un PID comme 25447, tapez kill -9 25447.
- Vous pouvez également tuer tous les processus d’un utilisateur avec : pkill -u [ancien_nom_utilisateur]
- Exemple : pkill -u amara
- Après avoir tué les processus, réessayez la commande usermod si elle a échoué la première fois.
- Changer le groupe principal : Il est également important de changer le nom du groupe principal de l’utilisateur pour qu’il corresponde au nouveau nom d’utilisateur.
- Syntaxe : groupmod -n [nouveau_nom_utilisateur] [ancien_nom_utilisateur]
- Exemple : groupmod -n ousmane amara
- Optionnel : Changer le nom d’affichage (Full Name) : Si vous souhaitez modifier le nom complet affiché dans l’interface graphique (pas le nom d’utilisateur de connexion), utilisez chfn.
- Syntaxe : chfn -f « Nouveau Nom Complet » [nouveau_nom_utilisateur]
- Exemple : chfn -f « HOMELAB » Ousmane
- Déconnexion et Redémarrage : Déconnectez-vous de votre session actuelle et redémarrez la machine pour que tous les changements prennent effet.
- Connexion avec le nouveau nom d’utilisateur : Vous devriez maintenant voir le nom d’affichage mis à jour (si vous l’avez modifié) et vous pourrez vous connecter avec votre nouveau nom d’utilisateur et votre mot de passe.
4. Changer le Nom d’Hôte sur Kali Linux
Le nom d’hôte est l’identifiant de votre machine sur le réseau. Le modifier sur Kali Linux est une procédure rapide qui implique l’édition de deux fichiers système.
- Vérifier le nom d’hôte actuel : Pour connaître le nom d’hôte actuel de votre système, ouvrez un terminal et tapez simplement hostname.
- Éditer le fichier /etc/hostname :
- Ouvrez le fichier avec un éditeur de texte en tant que super-utilisateur : sudo nano /etc/hostname
- Supprimez l’ancien nom d’hôte et tapez le nouveau (par exemple : myhomelab).
- Sauvegardez le fichier en appuyant sur Ctrl+O, puis Entrée, et quittez l’éditeur avec Ctrl+X.
- Éditer le fichier /etc/hosts :
- Ouvrez ce fichier également avec un éditeur de texte : sudo nano /etc/hosts
- Dans la deuxième ligne (où vous verrez 127.0.1.1 suivi de votre ancien nom d’hôte), modifiez l’ancien nom d’hôte pour qu’il corresponde au nouveau nom que vous avez défini dans /etc/hostname.
- Exemple : 127.0.1.1 myhomelab (en remplaçant l’ancien nom par myhomelab).
- Sauvegardez le fichier (Ctrl+O, Entrée) et quittez (Ctrl+X).
- Redémarrer la machine : Pour que le nouveau nom d’hôte soit pris en compte partout, redémarrez votre système.
- Vérifier le nouveau nom d’hôte : Après le redémarrage, ouvrez un terminal. Le nom de votre machine devrait maintenant apparaître comme myhomelab (ou le nom que vous avez choisi). Vous pouvez aussi taper hostname pour confirmer.

- Approfondissez vos connaissances sur Linux : Visitez d’autres tutoriels et astuces sur l’administration système et la cybersécurité : https://mediumslateblue-pheasant-348484.hostingersite.com
- Documentation Officielle Ubuntu : Pour des informations plus détaillées sur Ubuntu, consultez la documentation officielle d’Ubuntu.
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Bonus : Gérer l’Environnement de Bureau sur Ubuntu Server
L’installation d’un environnement graphique sur un serveur Ubuntu n’est pas toujours recommandée pour des raisons de performance et de sécurité, mais elle peut être utile pour certains cas d’usage ou pour une machine de homelab. Voici comment procéder et comment résoudre les problèmes si l’installation ne se passe pas comme prévu.
5. Comment Installer un Environnement de Bureau sur Ubuntu Server
Si vous avez besoin d’une interface graphique sur votre serveur Ubuntu, vous pouvez installer un environnement de bureau léger comme XFCE.
- Mettre à jour le système :
Il est toujours crucial de commencer par mettre à jour votre système pour vous assurer d’avoir les dernières versions des paquets et d’éviter les conflits de dépendances.
sudo apt-get update && sudo apt-get upgrade -y
- Installer un environnement de bureau léger (Xfce) :
Pour un serveur, un environnement de bureau léger est préférable. Xfce est un excellent choix car il est moins gourmand en ressources que GNOME ou KDE.
sudo apt-get install xubuntu-desktop
Confirmez l’installation en tapant y et appuyez sur Entrée lorsque vous y êtes invité.
- Installer un gestionnaire d’affichage (Display Manager) :
Un gestionnaire d’affichage est responsable de l’écran de connexion et du lancement de l’environnement de bureau.- Pour LightDM (commun pour Xfce et LXQt) :
sudo apt-get install lightdm
Si le système vous le demande, sélectionnez lightdm comme gestionnaire d’affichage par défaut.
- Pour GDM (par défaut pour GNOME et Ubuntu standard) :
sudo apt-get install gdm3
Si le système vous le demande, sélectionnez gdm3 comme gestionnaire d’affichage par défaut.
- Redémarrer le serveur :
Après avoir installé et configuré l’environnement de bureau et le gestionnaire d’affichage, un redémarrage est nécessaire pour que les changements prennent effet.
sudo reboot
- Connexion à l’interface graphique :
Une fois le système redémarré, le gestionnaire d’affichage devrait apparaître, vous permettant de vous connecter à votre nouvel environnement de bureau.
6. Comment Restaurer une Installation GUI qui a Mal Tourné sur Ubuntu Server
Il arrive parfois qu’une installation d’environnement graphique ne se passe pas comme prévu, vous laissant bloqué à un écran de connexion défectueux ou avec une erreur « failed session ». Pas de panique ! Voici comment revenir à un état fonctionnel de votre serveur.
Le mode de récupération est votre meilleur ami dans ces situations, car il vous permet d’accéder à un terminal avec des privilèges administratifs sans passer par l’interface graphique.
- Redémarrez le serveur.
- Accédez au menu GRUB : Au démarrage, maintenez la touche Shift enfoncée pour accéder au menu de démarrage de GRUB. Si vous utilisez un serveur sans écran graphique, vous devrez peut-être configurer le menu de démarrage dans les options de boot ou vous fier aux menus GRUB basés sur le temps d’attente.
- Sélectionnez les options avancées : Choisissez la ligne qui commence par « Advanced options for Ubuntu » et appuyez sur Entrée.
- Mode de récupération : Ensuite, sélectionnez l’option « Ubuntu, with Linux <version> (recovery mode) » et appuyez sur Entrée.
- Accédez au shell root : Dans le menu de récupération, sélectionnez « root – Drop to root shell prompt » pour obtenir un terminal avec des privilèges d’administrateur. Appuyez sur Entrée pour la maintenance si demandé.
Vous êtes maintenant dans un terminal en mode single-user (root shell prompt), prêt à diagnostiquer et résoudre le problème.
L’objectif est de supprimer tous les composants de l’interface graphique pour revenir à un serveur Ubuntu minimal et fonctionnel en ligne de commande.
- Supprimer l’environnement de bureau et le gestionnaire de connexion :
- Supprimer XFCE (et ses dépendances) :
sudo apt-get purge xfce4 xfce4-*
Cette commande supprime l’environnement XFCE ainsi que de nombreux paquets liés.
- Supprimer LightDM (ou GDM3) :
Si vous avez installé LightDM :
sudo apt-get purge lightdm
Si vous avez installé GDM3 :
sudo apt-get purge gdm3
- Supprimer les autres paquets inutiles et nettoyer le cache :
sudo apt-get autoremove
sudo apt-get clean
autoremove supprime les paquets qui ont été installés comme dépendances et qui ne sont plus nécessaires. clean vide le cache des paquets téléchargés.
- Supprimer les fichiers de configuration de Xorg :
Si des modifications ont été apportées aux configurations du serveur X (le composant graphique de base), il est bon de les réinitialiser.
sudo rm /etc/X11/xorg.conf
Cela supprime la configuration personnalisée de Xorg, le forçant à utiliser ses paramètres par défaut lors d’une prochaine tentative de démarrage graphique (si vous en refaites une).
- Réinstaller le paquet de base « ubuntu-server » (optionnel mais recommandé) :
Pour s’assurer que tous les paquets essentiels d’un serveur minimal sont présents et correctement configurés, vous pouvez réinstaller le méta-paquet ubuntu-server.
sudo apt-get install --reinstall ubuntu-server
Cela permet de restaurer les paquets de base essentiels au bon fonctionnement d’un serveur Ubuntu sans interface graphique.
- Vérifier et réparer les paquets cassés :
Pour une stabilité maximale, vérifiez s’il y a des paquets « cassés » ou des problèmes de dépendances.
sudo apt --fix-broken install
Cette commande tente de résoudre les dépendances manquantes et de réparer les paquets mal installés.
- Redémarrer en mode normal :
Une fois toutes ces étapes de nettoyage et de réparation effectuées, redémarrez votre serveur en mode normal.
sudo reboot
Vous devriez maintenant vous retrouver dans un terminal de connexion en ligne de commande (console TTY), comme au départ, sans tentative de lancement d’environnement graphique. Votre serveur est restauré !
Maîtriser ces opérations de base sur Ubuntu et Kali Linux est essentiel pour tout passionné de homelab ou administrateur système. Que ce soit pour des raisons de sécurité, de personnalisation, de résolution de problèmes, d’installation d’une interface graphique ou de restauration suite à une installation échouée, ce guide vous fournit les connaissances nécessaires pour gérer efficacement vos systèmes. Continuez à explorer et à apprendre, car le monde de Linux est vaste et riche en possibilités !